Les derniers jours ont été rythmés par les manifestations et l’indignation suite au décès de George Floyd aux États-Unis. Un homme noir décédé lors de son interpellation par des policiers blancs. Rien de nouveau, les violences policières envers les noirs ne datent pas d’aujourd’hui et cela ne se passent pas qu’aux États-Unis. La France, comme beaucoup d’autres pays, est aussi concernée par le racisme et les violences policières. Et même si certains refusent de voir les faits, nous sommes encore très loin du « liberté – égalité – fraternité ».
De G.Floyd à mon fils
Je n’ai pas été capable de regarder la vidéo de l’interpellation de George Floyd, je suis trop sensible. La photo montrant un policier blanc l’immobiliser avec un genou sur le cou m’a hantée pendant des jours. Chaque fois que j’y pense, je vois mon fils, mes petits frères, mes oncles, mon père.. c’est déstabilisant, effrayant et douloureux.
J’ai lu, vu et entendu beaucoup de personnes s’exprimer sur ces sujets : les violences policières, le racisme. Il y a de la colère, de l’indignation, de la frustration, des prises de conscience, de la peur… Sans oublier le déni pour certains. En ce qui me concerne j’ai eu du mal à nommer mes émotions. Je les ressens toutes en même temps. Par dessus tout, je me suis sentie impuissante et effrayée. Le racisme j’y ai eu droit, j’y ai fait face; et à voir le monde aujourd’hui je ne suis pas au bout de mes peines. J’abordais déjà le sujet en 2017 dans mon article « Je suis maman et je suis noire » …
Mais comment je vais m’y prendre pour protéger mon petit garçon face à autant de cruauté, de haine, de mépris et de violence ? Moi qui suis censée le protéger, comment je vais pouvoir lui éviter de se retrouver le visage plaqué au sol, le poids d’un policier l’empêchant de respirer ? Si moi sa mère je ne peux pas le protéger, qui le fera ? Comment expliquer à mon fils que sa vie sera menacée à cause de sa mélanine ? Qu’être noir c’est avoir constamment une cible dans le dos ?
Comment je fais face au racisme
Être la maman de Gabrielle m’a fait prendre conscience qu’il était urgent et primordial que j’en apprenne plus sur mes origines, le Cameroun, l’Afrique. J’ai un devoir de transmission vis-à-vis de mes enfants et je ne peux rien transmettre si je ne sais rien. Être la maman de Gabrielle m’a appris l’importance de valoriser notre culture, nos cheveux, notre couleur de peau. Je lui raconte mon enfance, je lui parle du Cameroun; nous apprenons ensemble le Yangben, le patois de ma mère. Surtout, je lui apprends l’estime de soi peu importe ce qu’on voudra bien lui faire croire. Voilà de quelle façon je prépare ma fille au racisme. Puisqu’à son bas âge, elle y a déjà fait face. Elle n’a pas compris, elle ne s’en est pas rendu compte. Le fait est que le racisme (banalisé) peut être présent partout et ne regarde pas l’âge.
Être la maman de Liom me montre mes limites pour les éveiller et les protéger sa sœur et lui. Où vais-je trouver la force de lui dire qu’à cause de sa couleur de peau, sa vie sera constamment menacée ? Comment supporter l’idée qu’un simple contrôle de police peut se solder par la perte de mon enfant ?
Je vais devoir avoir la fameuse conversation
Celle au cours de laquelle j’expliquerai aux enfants que notre excellence (à nous les noirs), nos capacités, nos caractéristiques physiques font peur. Une peur qui pousse certains blancs à nous haïr et à être violent, à nous refuser l’accès à des postes importants, à des logements… Je leur expliquerai à contre cœur qu’ils devront fournir au moins 2 fois plus d’effort que leurs camarades blancs. Malgré eux, malgré moi, ils devront faire face trop tôt à la réalité de notre monde. Il y a 12 ans déjà, j’ai eu cette conversation avec ma mère. En 2020, nous y sommes encore, rien n’a changé, si ce n’est que cette fois, c’est moi qui devrais serrer le cœur et avoir les mots justes.
En revanche, je refuse d’apprendre à mes enfants et à mes petits frères que nous sommes différents, nous les noirs. Cela voudrait dire que la norme c’est être blanc. À la place je m’efforcerai de leur apprendre toutes les formes d’altérité, l’amour de soi et l’amour de l’autre. Je leur parlerai de tous ceux et celles qui nous ressemblent et qui excellent dans des domaines divers et variés. Car non nous les noirs ne sommes pas inférieurs aux blancs et nos vies ont énormément de valeur.
Libérons la parole
Pouvoir m’exprimer m’enlève déjà un sacré poids, cela me permet d’avoir les idées claires. Je vous encourage donc à en parler, discutez-en autour de vous, avec d’autres parents, avec vos parents; écrivez ce qui vous passe par la tête. Dans tous les cas, ne gardez pas vos sentiments pour vous, ne vous renfermez pas. Vous avez le droit de les ressentir. Je pense ne pas être la seule maman à me poser mille et une questions ou à me sentir impuissante. Alors dites-moi comment vous faites face ? Qu’avez-vous mis en place avec vos enfants pour aborder le sujet, pour les préparer à ce genre de situation ?
Je vous invite à suivre ces comptes Instagram qui abordent le sujet (et bien d’autres) : @cerisedaily @notjustmom_ @bestofD
Pour ceux et celles qui seraient tenter de commenter pour illégitimer mon article, abstenez-vous. Je ne manquerai pas de supprimer tout commentaire que je jugerai déplacé.
Merci pour le partage.
Malheureusement pour moi j’ai une très mauvaise mémoire, je ne sais plus comment j’ai vécu le racisme dans mon enfance, mais c’est certain que je l’ai vécu étant donné que je suis toujours sur la défensive avec les personnes de couleur blanche. Mais à vrai dire pour moi, je ne sais pas si c’est une question de couleur ou de catégorie sociale. Pour mon cas, je serai plus partante pour parler du racisme en fonction de la catégorie sociale, bien qu’en effet, le racisme de couleur existe aussi.
Il faut espérer pour un meilleur avenir. En espérant que ça commencera par le corps de Christ, afin que le monde puisse voir que seul Dieu peut changer les mentalités, seul Dieu est la réponse au désordre dans ce monde.
Sois bénie et encore merci pour ton partage. Bises
Quand on s’estime, on affronte plus facilement ces obstacles.
Apprenons leur le travail qui leur permettra d’espérer une place de choix dans la société.
Par contre une chose est sûre, j’ai trop fermé les yeux sur les propos racistes autour de moi et j’ai décidé d’arrêter de me taire il y a quelques temps déjà, j’ai décidé d’expliquer autour de moi qu’il fallait arrêter de banaliser le racisme, c’est pas vraiment entendu mais je ne me tais plus
Je suis pas une maman mais je suis fan ☺️