Je voulais un deuxième enfant. Être enceinte me manquait, avoir un bébé me manquait. Le désir d’être mère à nouveau était présent. Mais je savais également que ce n’était pas le bon moment pour moi, les circonstances et ma situation ne s’y prêtaient pas. Je n’avais aucun doute que j’accueillerai la nouvelle avec joie mais pour autant je ne cherchais pas à être enceinte. Je prenais mes précautions pour que ça n’arrive pas. A savoir qu’après une mauvaise expérience avec le stérilet Mirena, j’étais dans une démarche de contraception « plus naturelle », c’est-à-dire connaître mon cycle. Pour en savoir plus, je vous invite à lire l’article que j’ai rédigé sur le sujet : j’ai testé le stérilet Mirena.
Demandez et on vous donnera
La nouvelle est tombée, je suis enceinte, encore. Ce qui devait être source de bonheur m’a laissé totalement démunie de toutes émotions. Je ne savais pas qu’en penser, est-ce-que je devais me réjouir ? Est-ce que je devais être triste ? Avoir peur ? Je ne savais pas. La nouvelle nous a bouleversé le papa et moi, nous étions sur la même longueur d’onde.
Je suis passé par plusieurs émotions, la culpabilité, la crainte, l’appréhension, la colère, l’envie, le qu’en-dira-t-on. Pour arriver peu à peu à être juste heureuse et reconnaissante de l’aventure dans laquelle nous étions. Mais ça, c’était dans mes bons jours. Parce que le plus souvent, environ les 7 premiers mois, j’ai DÉTESTÉ ça. J’ai réellement détesté être enceinte, mais dans chacune de ces étapes, je n’étais pas seule. Il y avait toujours quelqu’un prêt à m’écouter, me rassurer, nettoyer mes larmes. Pourtant malgré cela je me suis souvent sentie tellement seule, à devoir gérer et supporter les multiples symptômes et tout ce que mon état impliquait.
Ça m’est arrivé d’être en colère contre Dieu parce que je vivais mal la grossesse. Rien ne se passait exactement comme je l’avais imaginé, comme je l’aurais souhaité. Mais j’étais tout de même lucide, j’étais en train de vivre une aventure extraordinaire, par la grâce de Dieu j’allais à nouveau donner la vie.
Toutes les grossesses sont différentes
Étant donné que ma 1ère grossesse s’est passée comme une lettre à la poste, je m’en doutais que celle d’après serait différente. Mais j’étais à des années-lumières d’imaginer ce que j’allais réellement vivre. Nausées, vomissements, fatigue, constipation, perte du goût, hypersialorrhée*, l’hypotension, anémie, seins lourds et douloureux, 8 kg en moins les 4 premiers mois, remontées acides, insomnies, cette sensation de trop plein alors que tu n’as rien avalé depuis la veille … je n’ai été débarrassée des symptômes qu’après l’accouchement. En 9 mois j’ai dû travailler à peine 2 mois, dont 1 à temps partiel, tellement mon état ne me permettait pas plus.
* Production excessive de salive observée plus fréquemment dans les communautés africaines et haïtiennes (dans le cadre d’une grossesse). Ce qui devait durer 1 trimestre a duré 9 mois pour moi. On en parle ici.
Et puis les fameuses phrases « mais la grossesse ce n’est pas une maladie », « non mais c’est dans la tête, il faut juste que tu te motives un peu » et j’en passe. Une pression extérieure dont je n’avais absolument pas besoin alors que j’étais déjà physiquement très faible et à bout. La grossesse n’est certes pas une maladie mais elle peut nous plonger dans un état physique et morale qui nous dépasse. On ressent des dizaines de symptômes qui sont souvent liés à des maladies, notre corps est en littéralement en chantier, il fabrique LA VIE, et ce pendant 9 mois.
Heureusement pour moi, j’avais une super copine qui était elle aussi passée par là. Elle me rassurait et disait que ce que je ressens et comment je le ressens : c’est normal. Je voyais en elle l’espoir des meilleurs jours et du bonheur. Je pense qu’il n’y a pas grand chose que l’on puisse faire pour soulager une femme qui vit une grossesse difficile. Il faut simplement être présent, à l’écoute, et surtout ne pas minimiser ce qu’elle traverse.
Gabrielle mon amour
Si j’ai réussi à voir en cette grossesse quelque chose de fabuleux et d’exceptionnel c’est aussi grâce à elle, ma fille, mon premier bébé. J’ai dû lui annoncer très tôt que j’étais enceinte, que notre famille allait s’agrandir. Il fallait que je lui explique pourquoi maman était constamment malade et fatiguée. Elle a accueilli la nouvelle avec tellement de joie, elle s’est tout de suite projetée en grande sœur aimante et protectrice. Ma meilleure infirmière. Alors que je culpabilisais de ne pas pouvoir m’occuper d’elle comme elle le mérite, elle était aux petits soins avec moi. J’ai vu mon bébé grandir et devenir une petite fille dont je ne saurais être plus fière. C’est au travers de ses yeux et son amour que j’ai appris à me réjouir de ma grossesse.
Tu as le droit
J’écris cet article alors que je suis à J-12 de mon terme, confinée mais loin d’être seule, lourde mais les idées claires. Presque 9 mois se sont écoulées et je suis passé par toutes les émotions. Certaines même que je n’avais jamais ressenti. Le plus dur pour moi aura été de me sentir impuissante. Moi qui avais entrepris de découvrir d’autres pays, d’autres villes, de multiplier les activités avec Gabrielle. Je me suis retrouvée coincée chez moi, parfois alitée et contrainte de donner moins de moi à ma fille. C’était très dur mais quelle fierté de regarder en arrière et de me rendre compte que je l’ai fait.
Je retiens de cette aventure la patience de mes proches, leur amour, mon courage, ma force, ma résilience, la valeur des bonnes relations, l’importance de demander de l’aide. J’ai appris tellement de choses ces derniers mois, je me suis redécouverte et j’ai dû aussi me réinventer. A l’aube de ma rencontre avec ma 2ème merveille, je suis épuisée physiquement et je n’oublie pas combien j’ai été éprouvée. Mais je ne ressens pas un seul instant le poids de la culpabilité, celui-là même qui pourrait me faire croire que ce que j’ai vécu et ressenti n’est pas légitime. Je suis totalement en paix avec la façon dont j’ai vécu ma 2ème grossesse.
Bienvenu au petit garçon bien rempli et déjà entouré de tant d’amour .Les photos profil Whatsapp sont tellement belles et chaleureuses , exceptionnelles tant elles sont émouvantes .Je te félicite de tout Coeur , cela a été très fort de te lire , tu écris tellement bien et comme si c’était une vocation .Ton article a été poignant et un partage à respecter pour son contenu et la complexité des événements. Aussi cela est courageux et très moderne de partager des sensations qui passent à la trappe tant les diktas ont imposés : une seule manière d’appréhender les choses de la grossesse et maternité . C’est important que les femmes échangent elles même sur leurs choses de femmes et non pas des principes tous dictés . Le bonheur est au rendez vous car l’Amour ne manque pas et ne manquera pas et cela est l’essentiel , car la parole et conter ses choses permet la délivrance et le passage à autre chose . Que ta petite famille s’abreuve de joie , rire , amour , surprises et nouvelles aventures qui font cette belle Vie ..Plein de tendresse de moi aux tiens et à toi chère mignonne .
Bravo! Et félicitations! #wonderwoman #supermum